Situation géographique
Sartène, sous‑préfecture du département de la Corse‑du‑Sud, se situe au sud‑ouest de la Corse dans les montagnes, à quatorze kilomètres de Propriano. Elle est, par sa superficie, la plus grande commune de Corse et la quinzième des communes de France métropolitaine.
Jusqu’en 1848, le nom officiel était en italien : Sartena.
Mérimée, en visite sur l’île, tomba sous le charme de Sartène, qu’il surnomma «la plus corse des villes corses».
Un peu d’histoire
Le sud de la commune est occupé depuis la préhistoire, comme en attestent de nombreux mégalithes tels que le dolmen de Fontanaccia, sur le plateau de Cauria, appelé autrefois la forge du Diable, entouré de vingt‑cinq menhirs. Ce lieu avait une vocation astronomique, le dolmen étant placé face aux rayons du soleil lors du solstice d’hiver.
Le site voisin de Paddaghju compte pour sa part 258 monolithes, et était surnommé le cimetière des Turcs par les anciens, qui y voyaient le palais d’une civilisation disparue.
Le port de Tizzano a été mentionné dès l’Antiquité par Ptolémée qui évoquait le peuple des Tizzanoi. Ce fut par la suite un port important utile au commerce local, à la pêche, mais aussi aux corailleurs. Ptolémée mentionne également la ville de Matissa Sarda qui pourrait avoir été implantée à Sartè ou dans les environs proches.
Quelques chroniques font également mention d’une ville disparue appelée Titianos, qui se serait située à une vingtaine de kilomètres au sud‑est de Sartène.
L’histoire de cette commune débute véritablement au XIIIème siècle, lorsque Guglielmo della Cinarca décide de construire un château sur cet éperon rocheux dominant la vallée du Rizzanese, sur les ruines du hameau médiéval de Solaro.
Point stratégique, le fief devient rapidement l’un des centres de pouvoir de la famille Della Rocca.
Toutefois, la ville telle que connue aujourd’hui fut édifiée par les génois au cours du XVIème siècle (le plus ancien quartier est celui du Petraghju, élevé sur la roche même), qui la dotèrent de fortifications pour faire face aux multiples raids barbaresques.
La ville sera cependant plusieurs fois attaquée, en particulier en 1583 lorsqu’un raid dévaste la cité et emmène une grande partie de la population en esclavage.
Lors de la guerre d’indépendance, la ville restera fidèle à Gênes, et sera assiégée à trois reprises par les troupes paolines. Après leur victoire, ils feront de Sartène un lieu symbolique : la Cunsulta de 1763 amènera Pasquale Paoli au pouvoir.
Les XVIIIème et XIXème siècles verront l’avènement des grandes familles sartenaises sur la scène politique corse et française. Ainsi, pendant plusieurs décennies, une longue vendetta opposera les Rocca Serra, légitimistes, aux Pietri et aux Ortoli, orléanistes. Leur querelle finira en 1834 par un décret de paix imposé par le régime napoléonien.
De son passé génois, Sartène n’a gardé que quelques vestiges, comme la tour de l’Echauguette et l’Hôtel de Ville, ancienne demeure des gouverneurs.
L’église Santa Maria, construite au XVIIIème siècle, est richement décorée de marbre polychrome et elle renferme la croix et la chaîne du Catenacciu. La procession, qui tire ses origines de l’époque médiévale, se déroule comme dans la Jérusalem des premiers temps de l’ère chrétienne. La nuit du vendredi saint un pénitent revit la Passion du Christ. Il est vêtu de rouge et coiffé d’une cagoule pour rester éternellement anonyme.
Il est soutenu par un pénitent blanc, qui joue le rôle de Simon de Cyrène. Derrière eux viennent les pénitents noirs, qui portent une statue du Christ mort, puis les confréries. A la dernière station, le Christ est crucifié, puis son corps déposé dans l’église, où la messe a lieu.
Au sud du village, on peut encore voir le couvent Saints Côme et Damien. La clé du cloître, chez les bergers, est sensée lever les maléfices lancés sur leurs animaux.
À voir
- L’Échauguette et le rempart attenant
- La vieille ville et la Place de la Libération (Place Porta)
- Le lion de Roccapina
- Le pont de Spin’a Cavaddu
- Les églises Sainte Marie et Saints Côme et Damien, ainsi que la chapelle Saint Sébastien
- Les alignements de menhirs de Cauria